Interview

Interview de Madame Viviane MONNIER de l'HAFB - Halte Aide Femmes Battues -

Foyer Louise Labé - Novembre 2008

 

 

 

Julian, Mathilde, Gautier : Dans le cadre de notre TPE nous avons envisagé plusieurs parties aussi nous nous permettons de vous montrer la documentation que nous avons déjà trouvée.

 

Viviane MONNIER : Oui c'est déjà pas mal ; mais il y a des choses plus récentes comme le rapport du Professeur HENRION, paru à la Documentation Française.

 

JMG : Du point de vue juridique nous avons beaucoup de documents. L'un d'entre nous a même été en contact avec un juge d'instruction. Nous comptons faire des interviews et un micro-trottoir avec des questions du type : est-ce que ça existe la violence conjugale ? Dans le but de voir si la population est consciente de ce problème.

 

VM : Je vous conseille de poser des questions simples.

 

JMG : Peut-être ferons-nous l'interview de femmes battues ; une qui a été battue pendant 7 ans et l'autre une jeune fille de 17 ans, qui a connu le début des violences conjugales et qui a rapidement quitté son « ami » (avec ce que l'on peut repérer au commencement : les claquements de porte, les éclats de voix ...), nous pensons que c'est intéressant de connaître ces 2 points de vue.

 

VM : Il peut être intéressant aussi d'avoir le témoignage d'hommes, non pas de ceux qui ont été violents, mais de ceux dont les mères ont été victimes, et qui expliquent ce qui s'est passé. J'en ai plein d'exemples, des techniciens, des médecins... c'est intéressant de montrer comment ils ont vécu ça, et comment ils sont marqués par rapport à ça, la peur qu'ils peuvent avoir, qu'ils ont aussi dans leur tête. S'ils ont commencé à être violent, s'ils ont conscience que cette violence est inacceptable, s'ils ont compris qu'il faut faire attention. L'année dernière, j'ai eu le témoignage d'un homme qui a vécu indirectement la violence de son père, c'était la première fois qu'il en parlait, toutes les nuits il se promenait avec un couteau de cuisine, il avait peur que son père tue sa mère il plantait le couteau tous les soirs dans une porte. A la première relation qu'il a eu avec une femme, il a été violent, il s'en est rendu compte, il a expliqué qu'il a réussi à comprendre que ce n'était pas correct comme comportement et à le stopper.

 

JMG : Il y a des hommes qui répercutent la violence qu'ils ont vécue.

 

VM : Bien sûr, il y en a, mais ce n'est pas la majorité. Il y a 15 ans dans une enquête auprès de 500 femmes, nous trouvions environ 50% de cas ayant vécu de la violence dans leur enfance. C'est lié à l'éducation, dans la famille et tout ce qui se passe dans l'environnement. Cette forme de violence est apprise dans la petite enfance, quelqu'un qui veut avoir raison, qui veut tout obtenir sous n'importe quelle forme, qui ne respecte pas l'autre, et qui met en place une emprise « L'autre c'est sa chose », il peut aller jusqu'à la détruire totalement. Le comportement c'est quelque chose que l'on apprend par l'éducation, dans son enfance. D'où l'intérêt de faire des actions de prévention et surtout de repérer, de donner la parole aux enfants qui vivent ça de façon à ce qu'ils puissent exprimer leur mal-être. Les femmes pensent qu'elles vont  pouvoir les changer, « on ne change personne ! » « c'est celui qui est violent qui peut se changer, c'est lui qui a un comportement violent, c'est de sa faute, c'est à lui de changer ça ! c'est à lui de comprendre ; cela va passer par une thérapie, peu importe, chacun s'adapte et prend les moyens qu'il a.  Oui, c'est l'auteur qui doit changer, mais jamais la victime. La politique à mettre en place doit découler de ça, on doit pouvoir « travailler », « réfléchir avec les victimes », pour qu'elles « détricotent » l'histoire de la violence, de façon à comprendre la situation ; « Soit y faire face », la violence c'est un rapport de force. Il ne faut plus qu'elles aient peur, Il ne faut plus qu'elles aient honte.

 

JMG : Venir ici, en parler, n'est pas évident pour les victimes, surtout quand elles ont des enfants à charge...

 

VM : Quand il y a des enfants, c'est un enjeu supplémentaire, c'est un objet de chantage chez l'auteur des violences, il menace, « si tu fais ça», « je te prends les gosses » ; « je les place à la DASS » ; « je les tue » elle est en face de quelqu'un qui lui montre qu'il est tout puissant. C'est le travail que l'on peut faire avec tous les travailleurs sociaux c'est de pouvoir «  détricoter avec elle », de manière à repérer avec elle ce qui se passe. « Cette démarche n'est pas facile, elles pensent que c'est leur faute ! »

 

JMG : Exactement, elles pensent qu'elles ont fait quelque chose de mal, parfois c'est l'entourage, la famille ; je ne suis pas étonnée car moi j'ai connu plusieurs femmes battues, l'entourage ne bouge pas.

 

VM : Il y a plusieurs cas où les hommes violents avec leur femme sont charmants ailleurs, on ne s'imagine pas que c'est quelqu'un qui va casser « la gueule » à tout le monde. C'est plus dans les milieux aisés, c'est plus pervers, c'est bien plus enveloppé, c'est moins visible de l'extérieur. Les femmes sont sous leur l'emprise, j'ai rencontré des femmes  de ministres, de procureurs, de chefs d'entreprise ; beaucoup de femmes de milieux aisés (exactement les mêmes pourcentages de femmes violentées), de tous les milieux sociaux et tous les âges, de toutes les coutumes, c'est la même chose sur toute la planète (avec quelques facteurs aggravant comme la religion). La violence existe dans le 16ème arrondissement, comme dans les quartiers défavorisés, mais je trouve que c'est plus difficile dans les milieux aisés. Les maris violents ont un statut, ils sont charmants, ils peuvent se mettre en 4 pour leurs voisins, ils sont bien avec la famille, l'entourage, ils peuvent être présidents d'associations, parents d'élève, président de club de sport, ils rendent service à tout le monde et « elles » apparaissent comme des « emmerdeuses ». Elles sont détruites, « cassées » . Il y a des situations où l'autre les pousse à l'alcoolisme, certains vont l'aider à se faire soigner (quel dévoué époux !), alors qui va la croire ? C'est difficile de parler pour ces femmes, «c'est de leur faute », si elles ne travaillent pas, si elles arrêtent de voir leurs copines, la famille, si elles arrêtent de dire bonjour aux voisins et c'est parce qu'elles font mal les choses que la violence arrive ! En 1989 au cours d'une 1ère campagne, un spot élaboré avec le concours de Michel ANDRE, Ministre de l'époque, « on y voyait une femme dans son séjour, elle pliait des affaires d'enfants, et en fond, on percevait le bruit d'un moteur, puis un claquement de porte, et l'on voyait le visage de la femme qui se décomposait ». C'est là, c'est dans leur ménage, où les femmes sont le plus en danger,  « c'est dans leur foyer », c'est indépendant d'elle ! C'est ça l'histoire de la violence. A l'intérieur de la maison, dans la relation qu'elle soit gentille ou non, le monsieur, s'énerve car la salière est placée là, et si elle la met de l'autre côté, elle s'imagine qu'elle n'avait pas à la mettre là, mais cela ne change rien.

 

JMG : Cela fait 30 ans, que l'on se bat. Pensez-vous que l'on se bat contre la violence, comme pour d'autres campagnes comme celles du tabac, de la contraception, de la sécurité routière, il n'y a pas beaucoup d'informations. Est-ce que l'Etat met des choses en place pour ces femmes ?

 

VM : J'ai 2 niveaux de réponse. Les moyens mis en place par rapport à d'autres thèmes de société, sont ridicules par rapport aux besoins. En faisant partie des gens, qui ont commencé en 1970, je peux comparer ce qu'il y avait à ce moment là, et aujourd'hui. Quand on a fait notre 1ère conférence de presse, j'étais en province, en 1975, on ne savait pas où on mettait les pieds, après avoir récupéré des témoignages de victimes, on avait décidé de mettre ça sur la table publique. Les journalistes avaient tous des réflexions, avec des paroles aigres douces. Cela n'existe plus aujourd'hui, c'est un point sur lequel on a gagné. Il y a une prise de conscience minimum, et en même temps de la collectivité, de la société. Aujourd'hui du côté des médias, ils sont un vecteur essentiel, cela participe au changement de société, avec les médecins aussi. Pendant 15 ans, j'ai travaillé au quotidien avec la presse, il y a beaucoup d'articles, beaucoup de campagnes, d'émissions de télé, de spots, comme celui fait par une bande de jeunes, une initiative !...

 

JMG : Oui, Il y a un paysage de mer, avec une tombe, cela a fait peur. C'était une une belle initiative.

 

VM : Au niveau de l'Etat : les spots, il y en a qui choque, on a essayé. J'ai travaillé avec tous les ministres ; mais c'était des coûts pour les passer sur les chaînes qui étaient inacceptables, le budget du droit des femmes ne permettait pas de faire ce type de programme. Ce problème là était pris en charge par le service du droit des femmes. Aujourd'hui c'est les ministères de la Justice, de l'Intérieur et de la Santé aussi. Cela dit, c'est de petites gouttes d'eau, clairement, il n'y a pas un choix politique fort, il y a des choix, comme la dernière campagne, faite dans la presse, il y a 15 jours « Vous avez rêvé  d'un prince charmant, mais pas d'un homme qui vous bat ! »....Campagne choc ! , avec 3 ou 4 affiches.

 

JMG : Celle où il y a la maison, « Une femme battue et un enfant de 2 ans », une autre c'est une maison avec un chien, il y a eu il y a quelques temps un film avec une femme traquée comme une bête qui court dans les bois ...

 

VM : Nous, nous avions fait une proposition, mais là ils ont fait fort, ils ne voulaient pas lâcher leur histoire de campagne sous forme de dessins.

 

JMG : Il y a plus de risque à voler une mobylette que de battre sa femme !

 

VM : Oui juridiquement, rappelez-vous. La mobylette volé au fils de Sarkozy. L'auteur du délit a pris une peine de 3 mois avec sursis et cela a été rapide ! Un homme qui est violent aujourd'hui, la police intervient, au final  le monsieur est condamné à 2 mois avec sursis...

 

JMG : Dans la loi française plus précisément dans le Code Pénal, il y a une marge énorme entre un sursis et la peine maximale.

 

VM : Le plus souvent les femmes n'osent pas mettre en prison leur compagnon, c'est le père des gamins, il ne risque rien souvent. Il y a une loi parue en avril 2006 qui étend les peines encourues aux couples pacsés, et anciens conjoints. Il y a aussi le problème des étrangères, les conjoints peuvent faire disparaître leurs papiers. Il y a dans ce texte, l'obligation pour la Police d'intervenir. En principe, aujourd'hui ils interviennent, ils « embarquent » le monsieur, l'interroge, le parquet suit, le procureur doit le transférer au tribunal pour comparution immédiate (mais il y a le droit de refus de comparaître) et droit de liberté, soit parce que le tribunal est encombré, ou que le Monsieur refuse et il n'y a pas comparution.

 

JMG : Il y a 2 à 3 semaines, au Tribunal de Grande Instance de Paris j'ai eu la chance d'assister à une comparution immédiate et de voir un homme entendu pour violences conjugales. « Acceptez-vous d'être jugé maintenant ? », il a refusé, il est reparti chez lui, il n'y a pas eu de mesure d'éloignement, ni  vis-à-vis de la femme ni vis-à-vis des enfants (l'homme n'était pas violent face aux enfants, mais ils étaient spectateurs). L'audience a été reportée à 4 mois, cela m'a étonnée, c'est long.

 

VM : Qu'est-ce qui peut se passer pendant ces 4 mois ? En général, ils ne sont pas contents quand ils rentrent, c'est encore pire. Si cela a évolué ? Avant cette loi c'était exceptionnel d'emmener Monsieur au commissariat. Quand à le présenter au parquet, c'était dans les cas où la femme était quasiment morte... L'obligation des 2 mois ...Quand la police emmenait au parquet, et jugement 2 ans après  « C'est pas la peine que tu portes plainte, il se passera rien et cela sert à rien » Aujourd'hui il y a un progrès, tout le monde ne l'a peut-être pas compris, cela ne veut pas dire qu'elle va être accueillie à bras ouverts et que l'on va enregistrer sa plainte, il y a quelques mois, on a poussé une dame à porter plainte ; elle s'est rendue au commissariat environ vers 20 heures ; elle est tombée sur un policier qui lui a dit « Madame il faut 3 mains courantes pour porter plainte », c'est faux ! Il se trouve que nous suivions cette femme et que j'ai décroché le téléphone,  il y a eu une intervention hiérarchique. Mais c'est un cas, combien n'ont pas cette possibilité ?

 

JMG : Le problème c'est que bon nombre de femmes ont moins peur de faire une main courante que de porter plainte. Mais si la main courante, n'est pas suivie d'une plainte, cela sert-il à quelque chose?

 

VM : Oui, aujourd'hui tout est informatisé (avant c'était sur des registres, qui restaient au commissariat, et on donnait à la victime un reçu avec un numéro si elle le demandait). Maintenant avec l'informatique la police a accès, ainsi que la justice. Le parquet a accès à ces mains courantes. Depuis 5-6 ans il y a plus de parquets qui demandent un  complément d'enquête, ils engagent une procédure directement, c'est rare mais ça arrive. Quelquefois avec cela on peut continuer malgré l'avis contraire de la victime (qui a pu retirer sa plainte, par peur).

 

JMG : Qu'est-ce qui est mis en place ?

 

VM : 2 choses, l'association gère deux services, le foyer et une écoute téléphonique. C'est fermé le jeudi, les femmes viennent seules où avec des enfants, parfois elles sont à la rue, en situation précaire, étudiantes...Les femmes peuvent nous contacter pour une écoute téléphonique, un rendez-vous, une orientation. Si elles demandent à être reçues, il y a du monde pour faire un point. Qu'est-ce qu'elles souhaitent, de quoi elles ont envie ? C'est le fameux décryptage, qu'est-ce qu'elles veulent faire ? Toutes les femmes ne peuvent pas partir, aujourd'hui avec la crise du logement et du travail, c'était possible il y a quelques années. Il faut mesurer tout ça « Vous êtes victime de violence ?», « il faut partir » ce n'est pas possible de dire ça aujourd'hui. Si elles sont parties, avec leurs gosses il faut trouver un logement, puis au niveau juridique : sont-elles mariées ou non, propriétaires ou non, étrangère, avec enfants ou pas d'enfants. Il faut tout envisager pour essayer de travailler avec des avocats si elles n'en ont pas ; le travail doit être bien préparé. Le travail avec les associations que l'on connaît, si elles ne sont  pas préparées, soit elles vont parler d'une goutte d'eau qui a déclenché. Souvent, il faut démontrer qu'il y a réellement eu violence, refaire l'histoire chronologique, repérer si il y a les éléments,  si elles sont victimes, s'il ne s'agit pas d'un coup de tête, que ce ne soit pas pour « emmerder », que cela ne soit pas une histoire montée de toutes pièces. Rassembler un maximum d'éléments, la plupart n'ont aucune preuve de rien. Rares sont celles qui ont des mains courantes, il faut arriver à reconstituer les choses.

 

JMG : S'il y a un enfant, il a une place de spectateur, il y a-t-il quelque chose à mettre en place pour ces enfants ? comme pour tabagisme. Y a-t-il « violence passive » ?

 

VM : Pour les femmes qui sont hébergées, il y a un travail d'accompagnement à faire, un local consacré aux enfants et une équipe les entoure.

 

JMG : Combien y a-t-il de places au  foyer ?

 

VM :  Actuellement nous avons 11 femmes (30 places en tout) ; c'est rien du tout.

 

JMG : Combien viennent parler avec vous ?

 

VM : L'équipe du foyer s'engage sur 250 dossiers nouveaux par an ; beaucoup de gens viennent sur Paris.

 

JMG : C'est une femme sur trois qui meurt sous les coups ?

 

VM : En 2007, 166 femmes sont mortes de la violence d'un conjoint et je crois que c'est en dessous de la réalité. J'ai géré tout le réseau en 2002, au ministère, c'était 80 femmes repérées. Aujourd'hui le repérage est mieux fait, on y a mis d'autres données, comme celles du ministère, les chiffres en dehors petite couronne. Les chiffres de l'Institut Médico-Légal :  à la suite d'un décès avec des coups (45 à 50 par an sur Paris) ; avant il n'y avait pas les chiffres de la gendarmerie non plus. Ce qui échappe encore aux statistiques, c'est le nombre de femmes qui se sont suicidées (on les y a poussées, où on a maquillé leur mort en suicide). Je pense réellement qu'il y a plus d'une femme par jour en France qui meurt de violence. Cela fait 20 ans que je le dis, mais on va arriver à le démontrer. Quand vous faisiez la comparaison avec  la sécurité routière, quand on annonce 166 femmes , cela fait une femme tous les 2 jours, nous ne sommes pas rendus ! Il y a un réseau, créé dans les années 1970, (réseau de solidarité femme, rattaché à la Fédération solidarité femme, via le réseau téléphonique en 1992, qui existe depuis - le 3919-). Il y a 50-60 associations sur toute la France, ce n'est pas énorme, c'est très peu. Là où c'était banalisé, les choses pensant que c'était un sujet « tout le monde fait de la violence de la femme », sujet qui peut rapporter de l'argent, il faut savoir de quoi on parle. La première chose à laquelle il faut penser, c'est à la sécurité, quand on reçoit les femmes, il faut d'abord mesurer les risques de récidive.

 

JMG : Risques, quand vous recevez des dames ?

 

VM : On peut prendre un exemple extrême : si le conjoint vient, il n'aura rien du tout. Ce n'est pas la peine qu'il vienne. Les hommes qui viennent à la porte, il n'y en a pas beaucoup ; certains qui font comme de rien « je suis de la police », on ne donne rien ; même si c'est la police, sauf si c'est dérogatoire. Moi, cela m'est arrivé, pour une dame qui est partie en province, elle avait été reçue ici, les services de police m'ont appelée pour me demander si elle était suivie depuis plusieurs mois ; j'ai recherché, j'ai retrouvé des éléments, je me suis bien assurée qu'il s'agissait d'un service de police et qu'il y avait vraiment une situation de violence. Cela prouvait que la situation n'était pas d'aujourd'hui, j'ai fait une attestation de réalité des violences, les services de police après la mort d'une femme ils font des recoupements. Après qu'elle ait été tuée, est-ce qu'il n'y avait pas des témoignages, un certains nombre d'éléments ? Effectivement, elle  nous avait contactés  j'ai fait en tant que directrice d'un service, une attestation d'une femme qui semblait correspondre au cas.

 

JMG : Malgré ces attestations qui peuvent rester anonymes, c'est rare que l'entourage, les proches témoignent.

 

VM : En fait, ils ont peur, ils se disent qu'il est violent. Ils ne bougent pas, où ils se disent que c'est impossible, « elle y trouve son compte » ; tous les cas de figure  existent.....Dans un quart des affaires c'est l'entourage qui appelle, mais les victimes ne veulent pas que cela se sache, elles sont coincées, elles ont honte et elles ne vont pas accepter que l'entourage s'en mêle (proches, voisins, comprenant que le principal est le témoignage). « Je suis intervenue », et elle est repartie avec ! Il faut se dire que si la dame est victime, il y a 3 phases : la montée de la violence, le passage à l'acte, puis il fait endosser la responsabilité de la violence à sa femme, « si tu avais...je ne me serai pas énervé » suivies de « la lune de miel », 4ème phase, il redevient gentil, « je te promets », il fait des choses qu'il ne faisait pas d'habitude, il promet de ne plus recommencer. Elle croit qu'elle retrouve l'homme qu'elle a aimé. Si les gens ne connaissent pas cette phase là, il ne comprenne pas l'attitude de la femme. Vigilance, il faut toujours faire attention. Cela correspond à ce que vous cherchiez ? Je vais vous donner le rapport d'activité de 2007. Il y a des éléments, si vous avez besoin, n'hésitez pas on peut se revoir, faire un point, voir s'il y a des choses, des questions.

 

JMG : Nous vous remercions de nous avoir éclairci sur ce triste phénomène contre lequel vous avez raison de vous battre. Nous allons faire un site Internet, que l'on pourra trouver facilement, qui explique avec peut-être un forum.

 

VM : Attention ! A l'occasion d'une dernière campagne, il était question d'un forum d'échanges. Vous allez sur Internet et vous ne savez pas à qui vous avez à faire. Il faut donc faire attention au forum, il y a des fauteurs de violence qui vont vouloir des renseignements. La femme d'un réalisateur que l'on a hébergée et qui avait porté plainte à plusieurs reprises, car elle avait subi des violences conjugales graves, un jour elle est convoquée pour une confrontation. Le couple a été gardé à vue toute la journée. Le monsieur a compris et il a aussi porté plainte pour diffamation, un moment la femme est sortie du commissariat comme une accusée, le commissariat avait les deux plaintes. Au final, il a été poursuivi pour les violences et tout le reste ; donc attention, il ne faut pas donner des choses très précises ; dans les échanges certains peuvent prendre des idées, sans servir. 

Mettre des spots, des témoignages, un micro-trottoir, votre interview, le rôle du système juridique, expliquer ce qu'est la violence, ça oui !

 

 

 

 

 

Julian GASPAROVIC, Mathilde DELAMOTTE et Gautier COULHON

 

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